Commentaires sur la BD « Le Chronologicon »

En page 17, il y a la grossière coquille de l’U253 !

Un isotope qui n’existe PAS !

Même sur la planète Ummo ! Ni nulle part ailleurs… dans l’Univers.

Note : en toute rigueur scientifique, cet isotope existe (voir ce lien), mais sa demi-vie doit être très réduite ! Il ne se forme que dans des réactions « exotiques » : noyaux accélérés, absorption massive de neutrons. Son instabilité extrème (à chiffrer) rend quasi-impossible l’accumulation en quantité macroscopique de cet isotope, contrairement aux isotopes bien connus de l’uranium.

Il est à noter que dans la traduction espagnole, son traducteur a « corrigé » – sans doute spontanément – en U235.

Dans cet article de cette BD, il est présenté la dissipation de la chaleur interne de la Terre produite par la radioactivité.

Au delà de cette erreur – tout de même bizarre de la part d’un astrophysicien – il est à noter que la chaleur (la puissance thermique) interne de la Terre est bien due principalement à la chaleur radioactive, mais l’isotope U235 est un isotope mineur malgré son importance dans l’industrie nucléaire.

La puissance thermique produite par la radioactivité est d’environ la moitié de la puissance thermique produite par la Terre, soit environ 40 000 milliards de Watts.

L’autre moitié provient principalement du refroidissement interne, mais elle est aussi en fait principalement d’origine radioactive : la haute température interne est maintenue par la radioactivité.

La chaleur initiale de la formation de la Terre est dissipée depuis longtemps, cf le calcul de Lord Kelvin. –> Cette question est encore en suspend, confondue avec celle du refroidissement interne : reste-t-il de la chaleur « initiale » ?

Il y a d’autres sources thermiques : les frottements internes dus aux forces de marrée, la sédimentation résiduelle du Nickel–Fer, les réajustements chimiques.

La chaleur radioactive est due principalement :

1) Aux isotopes de l’Uranium :

U234 demi–vie de 245 500 ans ; abondance de 0,0055%, soit 1 atome (d’U) sur 18 600.

U235 demi–vie de 704 millions d’années ; abondance de 0,702%, soit 1 atome sur 142.

U238 demi–vie de 4,468 milliards d’années 99,2745%, soit 10 000 atomes sur 10 073.

2) A l’isotope  »naturel » du Thorium, le Th232 demi–vie de 14,05 milliards d’années.

Le Thorium est environ 3 fois plus abondant que l’Uranium (sur Terre), voir le lien sur wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Thorium.

3) A leurs éléments fils jusqu’au Plomb et au Bismuth.

Protactinium ; Thorium ; Actinium ; Radium ; Francium ; Radon ; Astate ; Polonium ; Bismuth ; Plomb.

Exemple : La série de décomposition complète de l’Uranium 238 est la suivante:

Uranium-238 (4,5 x 10^9 a), Thorium-234 (24,1 j), Protactinium-234 (1,18 m), Uranium-234 (250 000 a), Thorium-230 (75 000 a), Radium-226 (1600 a), Radon-222 (3,82 j), Polonium-218 (3,1 min), Plomb-214 (26,8 m), Bismuth-214 (19,7 min), Polonium-214 (164 µs), Plomb-210 (22,3 a), Bismuth-210 (5,01 j), Polonium-210 (138 j), Plomb-206 (stable).

Remarque : L’U234 est encore présent sur Terre car il est constamment généré par l’U238.

4) Ainsi qu’au Potassium 40 (K40) d’une demi-vie de 1,277 milliard d’années, et une abondance de 0,01167% soit 1 atome (de Potassium) sur 8570 ; se transformant (à 89,5%) en Calcium 40, ou (à 10,5%) en Argon 40. Voir lien sur wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Potassium.

5 ) Il y a aussi d’autres isotopes d’autres éléments de plus longue durée de « demi–vie » donc d’action mineure.

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Le premier paradoxe cosmologique : l’évolution de l’entropie de l’Univers.

De page 33 à 35, il présente l’espace des phases à 6 dimensions (3 pour la position, 3 pour la vitesse) et le comportement de la matière vis à vis de l’expansion de l’Univers.

Selon la version simplifiée du comportement des particules, l’expansion de l’espace se passe à entropie constante : les particules se dispersent dans l’espace (de leurs positions) et se « rassemblent » dans l’espace des vitesses (en se refroidissant).

On arrive à la conclusion que l’entropie globale, produit de l’espace des positions par l’espace des vitesses, reste parfaitement constante !

Ce qui parait paradoxal, car tout phénomène physique réel (irréversible) se produit selon une augmentation de l’entropie.

Comment pourrait–il avoir une « évolution » de l’Univers à entropie constante ??

Le JPP fait dans ses publications, grand frais de ce (faux !) paradoxe.

Car il faut bien comprendre que ce paradoxe est FAUX, et on pouvait le déduire avant même la rédaction des ses livres !

Et c’est une constante chez le JPP : REposer des paradoxes (déjà résolus !) afin de troubler les esprits…

J’explique mieux : la conclusion initiale de la constance de l’entropie de l’Univers n’est pas fausse en soi, MAIS c’est en fait un modèle approché (simplifié) de la réalité physique.

En effet, comme le dit aussi Hubert REEVES, l’expansion de l’Univers ne créé pas d’entropie : le phénomène en lui–même est identifié comme parfaitement réversible, donc à entropie constante.

MAIS, les phénomènes en cours dans l’Univers produisent de l’entropie, (du désordre).

Durant la phase initiale du plasma (jusqu’à qques centaines de milliers d’années après le Big Bang) le modèle présenté dans cette BD est une approximation assez correcte de la réalité (en négligeant les évolutions des inhomogénéités).

Ensuite l’évolution du gaz (donc de la matière) en galaxies, et de leurs transformations futures, augmentent le désordre global de l’Univers principalement par émission de rayonnements, comme la lumière des étoiles.

Il est à noter que la « contraction » des vecteurs vitesses de la matière s’est inversée lors de l’allumage de la 1ère génération des étoiles : la température moyenne de la matière de l’Univers a augmenté rapidement,.

De près du zéro absolu aux alentours du million de degrés !

Cette température moyenne est d’ailleurs plus ou moins constante depuis, malgré l’expansion qui n’agit plus que sur les amas de galaxies.

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Le second paradoxe cosmologique : l’homogénéité du Fond du Ciel.

De page 36 à 38, il est présenté le paradoxe de l’homogénéité de l’Univers primitif.

En effet, le rayonnement du Fond du Ciel appelé couramment « rayonnement cosmologique » (à 2,726 K) est d’une quasi parfaite uniformité.

Dans un modèle simplifié de l’expansion, on aboutit à un paradoxe car la « sphère causale » volume des points ayant communiqués avec un point de référence, est de plus en plus réduite lorsqu’on remonte vers le Big Bang.

D’où le paradoxe : comment il y a eu homogénéité entre de la matière qui n’a pas initialement échangé de l’énergie ??

Très près de l’instant zéro, l’expansion aurait été si rapide que même à la vitesse limite (celle de la lumière) il n’y aurait eu aucune intéraction entre chaque point de l’Univers, même très proches !

L’homogénéisation se serait produite petit à petit, de proche en proche, mais on ne pourrait expliquer l’homogénéité globale : elle devrait encore se réaliser à notre époque.

Le fond du Ciel devrait présenter des zones contrastées chaudes et froides.

J.-P. PETIT ironise sur ce paradoxe en disant qu’après tout l’Univers est « né » initialement homogène… sans aucune « raison » !

Il place encore une fois le trouble dans les esprits, car il occulte TOTALEMENT le scénario dit « de l’inflation » !

Il n’est JAMAIS abordé dans AUCUNE de ses publications, alors que forcément il doit être au courant de l’existence de cette théorie…

Ce scénario provient d’une pure spéculation théorique (mais pas placée sur rien) des propriétés des particules issues des théories dites de Grande Unification (des forces nucléaires et électromagnétiques).

Elle précise qu’un infime instant après le Big Bang lorsque la densité d’énergie était supérieure au seuil d’unification de ces forces (à plus de 10^28 K), le vide avait une densité énorme et donc un effet gravitationnel sur l’expansion.

Au cours de la dilution des particules, l’effet gravitationnel du vide « de phase » (unifié) aurait été prépondérant, maintenant la valeur énorme de l’expansion à une valeur fixe étirant l’espace d’un facteur gigantesque (d’où le nom d’inflation) dilatant chaque endroit qui était en voie d’homogénéisation de ce même facteur.

Après la « brisure » de l’unification des forces, le vide est devenu à densité quasi nulle, comme il l’est maintenant, l’expansion reprenant son évolution normale.

Mais l’espace a été immensément dilaté, et les inhomogénéités sont placées à très grande échelle : la zone de causalité globale dépasserait énormément la simple zone calculée avec une expansion sans cet effet.

L’Univers observable (homogène) proviendrait de la dilatation d’une zone réduite et initialement homogénéisée, d’avant l’inflation.

De page 39 à 41, il est présenté un résultat paradoxal de l’écoulement du temps près du Big Bang.

En effet, aux températures extrèmes du début de l’Univers la vitesse moyenne des particules n’est plus négligeable devant celle de la lumière, on dit qu’elles sont « relativistes ».

Mais leur temps propre doit devenir plus « lent » par la dilatation relativiste du temps.

Comment peut–on parler d’une chronologie de l’Univers près du Big Bang ?

Là encore le JPP trouble les esprits, car il pourrait avoir – ou donner – une solution au paradoxe.

En effet, ce paradoxe a été abordé dans d’autres publications (Ciel & Espace ; Hubert REEVES) et une solution a été proposée !

On peut définir un « temps cosmique » qui serait le temps d’un observateur au repos PAR RAPPORT aux particules du fond du ciel, un observateur qui verrait le rayonnement de fond uniformément décalé vers le rouge.

C’est d’ailleurs le temps qui apparait dans les calculs portant sur l’Univers entier !

Un observateur (une particule) en mouvement par rapport à ce référentiel verrait le ciel dissymétrique : + bleu dans le sens du mouvement, + rouge dans le sens inverse.

Bien sûr, tout mouvement est par essence relatif, mais l’homogénéité de l’Univers nous procure un système de référence privilégié.

Comme l’a dit Hubert REEVES, c’est comme si on avait trouvé le fameux « Ether » du 19e siècle, mais un éther qui n’altère pas la vitesse de la lumière.

En ce moment même nous nous déplaçons à (environ) 400 km/s par rapport à ce référentiel (à 369±2 km/s selon Wikipédia dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Table_des_constantes_astrophysiques ; notre temps est très légèrement plus lent que le temps « cosmique » précédemment défini.

Et ceci d’environ 1 millionième, ce qui fait 30 s sur 1 année, soit plus de 4000 ans depuis la formation de la Terre…

Aux températures extrèmes du Big Bang, le temps propre des particules est très fortement ralenti par rapport à ce temps « cosmique ».

Mais il n’y a pas de paradoxe !

Même si (presque) aucune particule n’est sensée être immobile par rapport au rayonnement de fond près du Big Bang, ce n’est pas une impossibilité qu’une particule se place dans cette condition de façon fugace.

De plus, ce « temps cosmique » est toujours définissable !

Même si ce qu’on pourrait appeler « le temps moyen de la matière » devient de plus en plus « lent » (comme figé) près du Big Bang.

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3e paradoxe cosmologique : l’absence d’antimatière (à grande échelle) dans l’Univers.

En page 42 à 57, JPP présente (son) modèle gémellaire, une extension de l’hypothèse d’Andréi Sakharov, et soi disant « inspirée » de la cosmologie des Ummites.

Et encore une fois il occulte TOTALEMENT les recherches lancées indépendamment de la sienne qui d’ailleurs ont abouti à une explication convaincante de ce paradoxe.

De plus, non seulement il l’occulte totalement, mais il va jusqu’à propager le fait qu’il n’y aurait aucune explication envisagée et qu’un consensus TACITE se serait établi, que les scientifiques se refuseraient même de l’aborder !

Alors que c’est TOTALEMENT faux !!!

On est là non seulement devant une désinformation flagrante du JPP, mais aussi devant une escroquerie intellectuelle …!

En effet, si ce paradoxe était un « obstacle » sérieux il y a disons, une 20–aine d’années, il est en voie de résolution.

Il est totalement faux que les scientifiques refusent d’en parler, comme il l’insinue !

Ils ont testé différentes hypothèses, et des recherches sur l’asymétrie des réactions de certaines particules permettent d’envisager une explication à cette absence embarrassante.

Certaines réactions sur les Kaons et leurs antiparticules montrent une asymétrie, donnant un (petit) avantage sur la matière par rapport à l’antimatière.

C’est l’asymétrie dite « CP » pour Charge–Parité ; provocant l’asymétrie de T (du Temps) car la symétrie CPT doit être assurée.

L’asymétrie « du Temps » découle du comportement différent des (anti-)particules homologues, le temps progressant dans une direction définie, la matière est avantagée sur l’antimatière, du moins dans notre « versant » de l’Univers.

Evidemment, si l’on considérait simultanément les 2 feuillets de l’univers gémellaire, la symétrie serait de nouveau vérifié avec un temps pointant dans l’autre sens et une rupture inverse dans le feuillet gémellaire.

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En page 56 (de la BD « le Chronologicon ») où il est présenté la transformation de « Pierre » en « AntiPierre » il semble qu’il y ait une incohérence.

Lorsque le personnage transformé repassant devant le puis, le tire–bouchon jaillissant est normalement (?) le bouchon inversé, et le personnage transformé en son « opposé » devrait pourtant pouvoir visser correctement le tire–bouchon lui–même inversé…

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(Temps et mécanique quantique)

En pages 60 et 61, il y a une approximation induisant en erreur : il n’est pas correct de dire que les particules sont des « ondulations de l’espace » sinon ce seraient des ondes gravitationnelles !

De page 68 à 80, JPP se fait un plaisir de présenter « son » modèle à énergie constante et à expansion de jauge.

Prolongeant le modèle d’Andréi Sakharov et soi–disant inspiré des ummites.

En page 70, il présente l’entropie comme croissante selon LOG(t).

Quant à son « remplacement » de la variable de (t) par (s) ; je pense que l’on a à faire à un artifice d’échelle.

On peut comparer cela à un changement de la graduation de la profondeur d’une piscine (par exemple) d’une mesure classique (en mètres) à une mesure logarithmique qui placerait une infinité de graduations entre le fond et la surface.

D’une certaine façon le fond « n’apparait » plus !

Mais ça n’empêche pas qu’il serait toujours là.

C’est la même chose pour le « début » de l’Univers qui peut être vu comme inaccessible mais néanmoins placé à 14 milliards d’années dans le passé.

Dernière modification : 18/07/2010

Par : Claude ANDREU ; rominandreu@yahoo.fr

Article placé sur sur le lien : http://ssfintms.free.fr/chrono_fr.htm

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